Nouvelle lecture pour les Editions Charleston : une biographie romancée de trois auteures aussi différentes les unes que les autres, au destin incroyable, et les relations qu'elles entretinrent avec leur mère. Marguerite Duras, Simone de Beauvoir, Colette.

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Rendez-vous en première partie avec Marguerite Duras dans l'Indochine des années 20. Elle entretient des relations difficiles avec sa mère, Marie Donnadieu. Tantôt aimante, tantôt complice de la cruauté de son fils aîné sur Marguerite, on ne sait que penser de cette femme, qui a suivi son mari directeur d'école dans cette Indochine encore française et qui une fois veuve, doit se débrouiller toute seule avec ses trois enfants...


En deuxième partie, nous voilà plongés dans le Paris bourgeois du début du XXème siècle. La jolie Simone de Beauvoir qui deviendra la philosophe que l'on connaît, âme soeur de Jean-Paul Sartre, doit, elle, subir l'autorité voire la jalousie de sa mère, Françoise. 


Enfin, on se retrouve dans la jolie campagne bourguignonne de la fin du XIXème siècle, à Saint Sauveur en Puisaye. Sido a une fille, Gabrielle (dite Colette) qu'elle surprotège. Elle est très fusionnelle et Colette étouffe mais ne saurait se passer de sa mère. Parfois elle part quelques jours à Paris, et "Sido absente, c'est la maison de la Puisaye qui se met en mode "veille"... C'est la vie en moins bien".


L'auteur mêle et analyse ses propres sentiments de mère au gré de ses récits, puis au fil de la lecture, on ne peut s'empêcher de penser : et moi ? quelles sont les relations avec ma mère ? Ces relations ont-elles fait de moi la femme que je suis devenue ? les mères de ces auteurs ont-elles forgé la destinée de leur fille ? Oui, l'auteur nous le dit dans son introduction : "la mère a été déterminante dans la décision d'écrire. Ne fallait-il pas opérer une distance salvatrice avec cette mère toute puissante ? L'écriture est née chez elles trois de cette impériosité."


Pour finir, voici une phrase qui m'a marquée dans le passage sur Simone de Beauvoir à la mort de sa mère : "Elle est morte Sartre, il faut vivre. Vivre jusqu'au bout. [...] Parceque si vous saviez ce que l'on devient. Ca n'est qu'une parenthèse. L'esprit n'est rien, Sartre, vous savez. C'est le corps qui nous gouverne ! C'est à se demander pourquoi nous nous acharnons autant à travailler. Nous avons passé la ligne jaune. Il nous reste si peu de temps." 


Sortie le 18 avril prochain

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