Troisième et avant-dernière partie de balade dans Paris pendant la guerre, en espérant que cela vous intéresse toujours :)

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11ème arrondissement :

 

- 2 rue Bréguet = bureau de Germaine Tillon. Elle est la seule rescapée du Réseau du Musée de l'Homme. Ce fut l'un des premiers réseaux de résistance, regroupant intellectuels et avocats. Germaine Tillon était ethnologue. Afin de vous renseigner davantage sur leurs activités, je vous renvoie vers ce lien : http://www.defense.gouv.fr/sga/resistance-musee-de-l-homme/le-reseau-du-musee-de-l-homme

 

- 2 rue Japy = c'est dans ce gymnase que femmes et enfants juifs furent rassemblés, vous connaissez ce triste jour, nous sommes le 16 juillet 1942, c'est la Rafle du Vel d'Hiv...

 

- 101 avenue de la République = lycée Voltaire où se regroupent les "Jeunes du Maréchal". En effet, Jacques Bousquet lance ce mouvement en juin 1941. On disait même les "Jeunes du Vieux".

 

12ème arrondissement :

 

- 211 rue de Bercy = les Jeunesses Communistes avaient un dépôt de presse à cette adresse mais qui sera découvert par les Brigades Spéciales en juin 1942. Cela entraînera l'exécution de 27 militants en août 1942 au Mont Valérien. Ces Brigades Spéciales étaient une police française qui traquait essentiellement les actions intérieures ennemies.

 

- Quai de la Rapée = à la station de métro du même nom, le 11 février 1942, Yves Kermen sauve de justesse France Bloch des mains de deux policiers. Elle réussit à s'enfuir mais le jeune homme est arrêté. Il est condamné à mort. Yves Kermen est un communiste très impliqué puis guerre oblige, il milite clandestinement avant de rejoindre l'Organisation Spéciale. Cette organisation regroupe plusieurs branches au sein du PCF. Yves Kermen a vite des responsabilités au sein de l'Organisation et est même co-responsable de tous les attentats du groupe de Fabien.

 

- 33 rue de Reuilly = c'est à l'angle de cette rue qu'en février 1942, le résistant responsable du PCF clandestin, Arthur Dallidet est arrêté. Il sera torturé par la Gestapo mais ne parlera jamais. Il sera fusillé au Mont Valérien le 30 mai 1942.

 

13ème arrondissement :

 

- 47 boulevard de l'Hôpital = l'armée allemande avait réquisitionné cet hôpital. Il vit passer notamment Franz Stock, aumônier dans les prisons parisiennes qui assistait notamment les condamnés à mort. Cet homme oeuvra beaucoup à partir de 1945 à la réconciliation franco-allemande (Séminaire des Barbelés à côté de Chartres dont il fut le directeur spirituel).

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- 127 rue de la Santé = il y avait une église et un couvent à cet endroit. Dans l'église, sous l'autel, il y avait une cachette qui permettait aux aviateurs de s'y réfugier. Ce lieu était surtout un lieu de rendez vous pour le réseau Jade-Amicol, réseau qui travaillait pour le MI-6.

 

14ème arrondissement :

 

- 4 place Denfert-Rochereau = entrée du quartier général de Rol Tanguy pendant la Libération de Paris.

 

- 102 boulevard du Montparnasse = la Coupole est un haut-lieu de Paris qui a vu passer de nombreuses célébrités. Ce restaurant était prisé par les Allemands.

 

- 11 rue de Plaisance = habitaient là Missak et Mélinée Manouchian. Missak était un militant communiste, membre de la branche arménienne du MOI, poète et intellectuel. L'Affiche Rouge, c'est lui et ses camarades. Je vous recommande le superbe film "l'Armée du Crime" de Robert Guédiguian sorti en 2009 qui relate les activités du groupe et leur arrestation. Missak sera fusillé avec ses camarades en 1944 au Mont Valérien.

 

15ème arrondissement :

 

- 9 rue du Cotentin = le 21 août 1944, il y eut là de violents combats entre soldats allemands et francs tireurs partisans. Nous sommes à proximité de la gare Vaugirard attenante à la gare Montparnasse.

 

- 183 rue de la Croix-Nivert = Albert Hervé vivait à cette adresse où il cachait des aviateurs britanniques. Cet homme était un résistant isolé qui avait été pilote pendant la Première Guerre mondiale. Il est arrêté en décembre 1941 et est condamné à la prison à perpétuité. Malheureusement, il sera un otage avec 8 autres personnes à être fusillé en guise de représailles pour l'attentat commis en mai 1942 à Paris contre Kuligk, administrateur militaire.

 

10-12 rue Saint Amand = il y avait là un central téléphonique. Ce sera le seul bâtiment de Paris que Von Choltitz ordonne de détruire.

 

(source : Paris Révolutionnaire)


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