Voici le dixième roman que je lis pour les Editions Charleston. C'est celui que j'ai préféré jusqu'à présent, même si "L'Ile aux Papillons" a de quoi tenir le challenge :)

 

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Nous sommes à la fin du XIXème siècle. La petite Rachel vit une enfance heureuse dans l’archipel d’Hawaii entre son père qui voyage sur les mers pour subvenir aux besoins de sa famille, sa mère dévouée et ses trois frères et sœurs. La petite fille rêve qu’un jour à son tour elle voyage comme son père adoré.

Malheureusement très vite, quelque lésions apparaissent sur le corps de la fillette. La lèpre est diagnostiquée. Rachel est enlevée à sa famille pour rejoindre les autres malades reclus sur l’ile de Moloka’i, une des îles de l’archipel administrée par les missionnaires venus en aide à ceux atteints de la maladie et dont on ne veut surtout pas dans la société.    

Le traitement est sévère : sa famille peut venir la voir mais ne peut plus l’approcher. Mais surtout le voyage coûte cher et la honte a dû les étouffer dans une société impitoyable et ignorante de la maladie… Heureusement, Rachel retrouve son oncle Pono atteint lui aussi et passe du temps en sa compagnie.

Ainsi commence la nouvelle vie de Rachel loin des siens et du monde extérieur. Elle voit son père rarement, la maladie semble être assez clémente avec elle et ne lui déforme pas le corps comme bon nombre de malades dont la vie est vite arrachée.

Rachel se fait des amis, elle est la protégée de sœur Catherine… Les années passent, la fillette devenue femme connaît l’amour, travaille… Elle rêve de voir ce qu’il y a au-delà de Moloka’i, ce qu’est devenue sa famille dont elle est sans nouvelles.

A l’époque la maladie encore appelée « lèpre » et non pas encore « maladie de Hansen » est très méconnue et on pense qu’elle est contagieuse alors qu’elle l’est peu. Nous en suivons l’évolution ainsi que l’évolution de la médecine, Rachel faisant souvent office de cobaye.

Alan Brennert nous raconte ici une histoire triste mais pleine d’espoir. Nous suivons avec compassion mais pas avec pitié la vie de Rachel, rageant, pleurant et combattant à ses côtés, partageant ses bonheurs, ses malheurs, ses peines.

L’auteur nous parle de cette maladie qu’au final nous connaissons très mal associée certainement dans notre inconscient à une maladie biblique et lointaine. Des hommes ont bravé les risques pour venir en aide aux malheureux plutôt que de les abandonner. Il nous parle aussi d’une civilisation qui avant de devenir  américaine fut riche d’une histoire ancestrale basée sur les dieux et des éléments.          

Tout le long de la lecture, il y a comme un seul mot qui reste en suspens "espoir". On se dit qu'elle va s'en sortir, que sa vie malgré le fait qu'elle vive recluse à Moloka'i n'en est pas pour autant moins remplie et moins riche de bonheur et de rencontres.    

J'ai été bouleversée par cette histoire. Surtout qu'elle se passe dans un endroit du monde que je rêve de connaître. L'archipel d'Hawaii a un côté très carte postale qu'on ne saurait éviter, les clichés ukulélé-vahinés-plages paradisiaques sont indéniables mais au delà de ça, il y a une terre ancestrale à découvrir avec ses traditions. Un peuple très melting pot au carrefour de plusieurs continents. Et aussi il y a Pearl Harbor sur l'île d'Oahu et en tant que passionnée de la Seconde Guerre mondiale, c'est encore un point de plus qui s'ajoute à l'envie de partir découvrir tout cela un jour :)

 

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